Récit d’anticipation sociale. Ce roman d’éducation contemporain, prend place dans un moment fugace de l’humanité. L’action se déroule dans un présent ‘alternatif’, devant un panorama très semblable au notre, entre humanisme et transhumanisme. Dérivez en suivant l’histoire du premier enfant sauvage de l’ère post-moderne. Abandonné dans une casse automobile, il apprend à parler grâce à un GPS de voiture. On y investit les thèmes de la transmission, de la transmutation. Celle de nos identités, de nos corps, de notre monde.
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Extrait # 1. p129
Nous nous effacions à notre insu. A force de nous réfléchir dans nos prolongements artificiels. Bon… Peu importe.
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Visiblement le langage typé google traduction de livret technique de robot de cuisine chinois satisfaisait tout le monde, les approximations syntaxiques et conséquemment sémantiques, l’absence assumée de musicalité au bénéfice de la priorité fonctionnelle, la nécessité véhiculaire d’homogénéiser les rapports humains attristait Zooroh. Selon lui, sans s’en rendre compte, par des glissements anodins mais chroniques, l’humanité singeait les logiciels qui nous singeaient. Perdant dans ces rebonds des opérations mimétiques notre spécificité. Nous nous effacions à notre insu. A force de nous réfléchir dans nos prolongements artificiels. Bon… Peu importe.
Extrait # 2. p 201
Un grand singe qui blablate, c’est un hominidé savant, le plus malin d’entre eux, mais un simiforme qui parle de sa BAGNOLE, c’est assurément un ÊTRE HUMAIN !
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« Il décida de s’ouvrir à eux [ses geôliers] par le biais d’un vecteur usité entre eux. Un expédient dont il gardait une vague souvenance. Le langage articulé. Essuie-plume prononça sa première phrase intelligible à l’intention d’un destinataire de chair et d’os qu’il estimait susceptible de comprendre. Il tremblait d’émotion. Neuf ans qu’il n’avait pas connu d’échange verbal […] La pression était de taille. […] « A… la… pro… chaine… int… ersection… pen… sez à… vér… ifier… la p… ression de vos p… neus. » Le psychiatre des armées fut sans appel, et posa illico le verdict d’humanité. « Un grand singe qui blablate, c’est un hominidé savant, le plus malin d’entre eux, mais un simiforme qui parle de sa BAGNOLE, c’est assurément un ÊTRE HUMAIN ! Incontestablement ! »
Extrait # 3. p 239
Chacun possédait son… Cascadeur. C’était bien, mais à condition de pas être l’autre, celui qui prend les coups. Alors comment savoir lequel des deux on était ?
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« Chacun avait un symétrique frangin, un pendant obscur apparié à la part lumineuse, dans l’envers du décor. Là où ça fait mal. Chacun possédait son… Cascadeur. C’était bien, mais à condition de pas être l’autre, celui qui prend les coups. Alors comment savoir lequel des deux on était ? Comment s’assurer qu’on n’était pas celui que le destin vouait au crash-test et à l’anonymat ? Bientôt il le saura, il rencontrera son jumeau, on n’arrêtait pas de le lui répéter et il découvrira alors lequel d’entre eux est le Cascadeur. »
Extrait # 4. p 303
Pour mettre au jour le vrai Méchant que l’on porte en soi , il est impératif de penser, de prier avec méchanceté. D’inspirer rageusement l’oxygène de l’amour ambiant et puis d’expirer haineusement un mortifère gaz. D’en ouvrer sa nature profonde.
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« Lorsque l’on n’est pas né Méchant et que l’on veut le devenir, agir méchamment ne suffit pas, il garde en dessous des objectifs assignés, ça ne peut qu’en être la marque secondaire. Pour mettre au jour le vrai Méchant que l’on porte en soi ou que l’on aimerait porter en soi, il est impératif de penser, de prier avec méchanceté. D’inspirer rageusement l’oxygène de l’amour ambiant et puis d’expirer haineusement un mortifère gaz. D’en ouvrer sa nature profonde. D’y accorder son métabolisme. De s’identifier au concept, de le servir absolument. D’en devenir une émanation. Pour le reste. Dominer adviendrait comme un détail de l’ordre de ce monde neuf. La conséquence secondaire et bien naturelle de cette nouvelle disposition intime […] Avant de disparaître, sans se retourner, il jura: ‘ JE VAIS FAIRE LE MAL… dans la forêt… Ne m’attendez pas… Je rentre à l’aube… peut être… Arkh ! ‘ »